L'Ours : Histoire d'un roi déchu

L'Ours : Histoire d'un roi déchu

Michel Pastoureau

Language: French

Pages: 378

ISBN: 2:00357426

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Longtemps en Europe le roi des animaux ne fut pas le lion mais l'ours, admiré, vénéré, pensé comme un parent ou un ancêtre de l'homme. Les cultes dont il a fait l'objet plusieurs dizaines de millénaires avant notre ère ont laissé des traces dans l’imaginaire et les mythologies jusqu’au cœur du Moyen Âge chrétien. De bonne heure l'Église chercha à les éradiquer. Prélats et théologiens étaient effrayés par la force brutale du fauve, par la fascination qu’il exerçait sur les rois et les chasseurs et surtout par une croyance, largement répandue, selon laquelle l’ours mâle était sexuellement attiré par les jeunes femmes. Il les enlevait et les violait. De ces unions naissaient des êtres mi-hommes mi-ours, tous guerriers invincibles, fondateurs de dynasties ou ancêtres totémiques. Michel Pastoureau retrace les différents aspects de cette lutte de l’Église contre l’ours pendant près d’un millénaire : massacres de grande ampleur, diabolisation systématique, transformation du fauve redoutable en une bête de cirque, promotion du lion sur le trône animal. Mais l’auteur ne s’arrête pas à la fin du Moyen Âge. Inscrivant l’histoire culturelle de l’ours dans la longue durée, il tente de cerner ce qui, jusqu’à nos jours, a survécu de son ancienne dignité royale. Le livre se termine ainsi par l’étonnante histoire de l'ours en peluche, dernier écho d’une relation passionnelle venue du fond des âges : de même que l'homme du Paléolithique partageait parfois ses peurs et ses cavernes avec l'ours, de même l'enfant du XXIe siècle partage encore ses frayeurs et son lit avec un ourson, son double, son ange gardien, peut-être son premier dieu.

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298. Corbeau, 18, 68, 70-71, 130, 143, 185, 198, 214, 216, 234, 243, 285, 294, 345 n. 76, 364 n. 26. Corbinien (saint), 136-137, 145, 355 n. 29. Corne, 58, 118, 157, 165-167, 177-178. Couturier, Marcel, 310-315. Couleur, 37-38, 172-175, 188-189, 220, 240, 283, 304, 309. Voir aussi à chaque terme de couleur. Courage, 34, 59-62, 67-70, 80-82, 107, 184-186, 202, 221, 223, 273, 313. Crachat, 27, 317. Crâne, 23-42, 157, 224, 337 n. 17. Crapaud, 167, 285. Crinière, 51, 57, 185-187, 196.

Bodei, La Sensation de déjà vu. Ginevra Bompiani, Le Portrait de Sarah Malcolm. Yves Bonnefoy, Lieux et Destins de l’image. Un cours de poétique au Collège de France (1981-1993). Yves Bonnefoy, L’Imaginaire métaphysique. Philippe Borgeaud, La Mère des Dieux. De Cybèle à la Vierge Marie. Philippe Borgeaud, Aux origines de l’histoire des religions. Jorge Luis Borges, Cours de littérature anglaise. Italo Calvino, Pourquoi lire les classiques. Italo Calvino, La Machine littérature. Paul

Les deux hommes achevèrent l’ours, � le plus grand, le plus féroce et le plus redoutable » qu’on eut jamais vu82. Le récit d’Albert d’Aix, rédigé vers 1120-1130 puis repris par plusieurs chroniqueurs des XIIe et XIIIe siècles, notamment par Guillaume de Tyr83, n’est évidemment qu’une suite de clichés visant à mettre en valeur le courage et la prouesse de Godefroi. Qu’il ne soit pas complètement parvenu à vaincre seul l’énorme animal ajoute une touche de vérité et d’humanité à l’histoire et rend

médiévale, être roux et velu dès la naissance ne peut être que le signe d’une nature mauvaise et d’un destin tragique342. La rousseur traduit un caractère faux et violent, et la pilosité, un tempérament grossier, impur, presque bestial. Certes, il y a poil et poil : les soies drues et hérissées du sanglier ne peuvent être comparées à la laine douce et souple de l’agneau. Mais au Moyen Âge, sur le corps humain, le poil a toujours à voir avec l’animalité, et celle-ci ne peut être que diabolique.

guerriers, l’ancêtre fondateur de plusieurs dynasties sauvages et prestigieuses, comme celles des rois de Danemark et de Norvège, des margraves de Brandebourg, des comtes de Toulouse, voire du roi Arthur lui-même. Son trône vacillait de plus en plus, au point que, au tournant du XIIe et du XIIIe siècle, il dut définitivement l’abandonner. L’Église était parvenue à ses fins. Toutefois, ce trône, tout symbolique qu’il fût, ne pouvait rester vacant. Les croyances populaires et la mentalité commune

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Author: admin