La force de l'âge

La force de l'âge

Simone de Beauvoir

Language: French

Pages: 529

ISBN: B009VV3U8S

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Vingt et un ans et l'agrégation de philosophie en 1929. La rencontre de Jean-Paul Sartre. Ce sont les années décisives pour Simone de Beauvoir. Celles ou s'accomplit sa vocation d'écrivain, si longtemps rêvée. Dix ans passés à enseigner, à écrire, à voyager sac au dos, à nouer des amitiés, à se passionner pour des idées nouvelles. La force de l'âge est pleinement atteinte quand la guerre éclate, en 1939, mettant fin brutalement à dix années de vie merveilleusement libre.

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avions apporté de l’eau, du pain, du raisin dont nous déjeunâmes, à l’ombre des marbres où couraient des lézards : Sartre sifflait pour les charmer. A Ségeste, nous commençâmes à sentir ce que c’est qu’une colonnade dorique. Nous renonçâmes à Agrigente : le voyage eût été trop compliqué. Je n’eus pas de regret tant j’aimai Syracuse, la nudité brillante de ses pierres, étagées en amphithéâtre au bord d’une mer de métal, ses routes poussiéreuses, où marchaient pesamment les � bœufs du soleil » aux

libre boulevard Raspail où il avait sa chambre ; il arriva souvent à Sartre d’y coucher, et Nizan même y resta une fois dormir. Mes cousins Valleuse, qui se trouvaient habiter le même immeuble, s’indignaient de ces mœurs hospitalières et imputaient à Mme Lemaire de sombres débauches. C’était une toute petite femme, un peu potelée, habillée avec recherche, quoique très discrètement. Des photos que je vis plus tard montrent qu’elle avait été remarquablement jolie ; elle avait perdu son éclat mais

savaient sourire, et sur sa bouche s’attardait l’étonnement de l’enfance ; il était facile de causer avec lui : il écoutait, il répondait. On ne l’aurait jamais pris pour un autodidacte ; dans ses goûts, dans ses jugements, il avait l’audace, la partialité, la désinvolture des gens pour qui la culture va de soi, et un remarquable discernement. Il lui arrivait d’évoquer avec emphase le Poète et sa mission ; il feignait de se prendre aux élégances et aux fastes des salons dont il chatouillait le

les blés mûrs ; souvent, j’écrivais dehors, assise au pied d’un arbre. Des avions anglais attaquaient sur la route des convois allemands et, plus d’une fois, j’entendis tout près de moi le bruit des mitrailleuses. Le soir, vers dix heures, des VI sifflaient au-dessus de la maison, nous apercevions quelque chose de rouge dans le ciel ; chaque fois, je me demandais : � Atteindra-t-il Londres ? Y aura-t-il des morts ? » Zette et Michel Leiris vinrent passer un après-midi avec nous ; une autre fois

de même, sa gentillesse me touchait ; ce fut pour me plaire, me dit-elle, qu’elle fit teindre ses cheveux déjà semés de fils blancs ; elle s’acheta aussi un pull-over en angora rose qui découvrait trop généreusement ses bras. Un après-midi, comme nous prenions le thé dans son salon, elle se laissa aller à des confidences ; elle me dit, avec une brusque violence, quel dégoût lui inspirait l’amour physique, l’horreur de cette humidité gluante sur son ventre, lorsque son mari se retirait. Elle rêva

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