L'Œuvre de l'art, tome 1 : Immanence et trancendance

L'Œuvre de l'art, tome 1 : Immanence et trancendance

Gérard Genette

Language: French

Pages: 297

ISBN: 2:00340279

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Les œuvres d’art revêtent deux modes d’existence, qui sont l’immanence et la transcendance. L’immanence est définie par le type d’objet en lequel l’œuvre « consiste », et se distribue ainsi en deux régimes, baptisés depuis Nelson Goodman l’autobiographique et l’allographique. Dans le premier, l’objet d’immanence (un tableau, une sculpture, une performance) est matériel et se manifeste de lui-même. Dans le second, cet objet (un texte littéraire, une composition musicale, le plan d’un édifice) est idéal, conçu par réduction à partir de ses manifestations physiques : livres, partitions, exécutions. La transcendance est définie par les diverses manières dont une œuvre déborde son immanence : lorsqu’elle consiste en plusieurs objets non identiques (œuvres à « versions »), lorsqu’elle se manifeste de manière lacunaire (fragments) ou indirecte (copies, reproductions, descriptions) ou lorsqu’elle agit diversement selon les lieux, les époques, les individus, les circonstances : on ne regarde jamais deux fois le même tableau, on ne lit jamais deux fois le même livre. L’œuvre ne se réduit donc pas à son objet d’immanence, parce que son être est inséparable de son action. L’œuvre d’art est toujours déjà l’œuvre de l’art.

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yeux, une � bonne » reproduction photographique en couleurs : manifestation indirecte, sans doute plus précise (plus complète) qu’une photographie en noir et blanc, et sans doute a fortiori qu’une description verbale. Mais mon � sans doute » est en fait plutôt (comme souvent) dubitatif, car ces degrés-là sont réversibles : une bonne description peut être plus exacte qu’une mauvaise copie. En tout état de cause, je puis mettre fin à cette � absence » en faisant le voyage de La Haye, qui me

constamment de lire sous les noms (de choses) des verbes (d’action ou d’état), les premiers résultant toujours d’une � réification » plus ou moins légitime. Cette � donnée plus profonde » est pour moi d’ordre plus physique que métaphysique : les � choses » sont l’apparence stable (c’est-à-dire relativement immobile et durable) que prennent certaines agitations d’atomes, qui n’en mènent pas moins au-dessous leur infatigable sarabande. Bref, les choses sont une sorte particulière d’événements.

l’interprétation de Brendel, etc. A contrario, bien sûr, l’impossibilité de distinguer entre propriétés constitutives et contingentes (entre immanence et manifestation), qui caractérise le régime autographique, entraîne que la moindre différence de propriétés – ainsi, pour une copie par ailleurs supposée � parfaite » de la Vue de Delft, le fait d’avoir été peinte en 1990 – vaut pour une preuve (et un trait) de contrefaçon. Mais cette distinction entre les deux séries de propriétés appelle sans

cette cause. Goodman la trouve dans certaines nécessités pratiques comme le besoin de perpétuer des produits éphémères ou d’associer plusieurs personnes à leur exécution, et donc de � transcender les limitations du temps et de l’individu ». Cette � transcendance » suppose qu’on se mette d’accord sur les propriétés qui devront être obligatoirement communes à deux performances musicales ou littéraires, ou exigibles de l’exécution déléguée (et parfois différée) d’une œuvre architecturale, et sur les

flottante, le même énoncé (par exemple ce début de recette, que je n’invente pas : � Ayez une belle courge… ») étant reçu par les uns comme un simple script, par les autres comme un texte � intransitif », dont la relation à quelque exécution que ce soit n’aurait plus d’importance. Mais rien n’empêche un objet verbal d’être à la fois52 transitif et intransitif, instrument et monument. Les Actes sans paroles de Beckett illustrent bien l’ambiguïté de ce dispositif : à la fois simple didascalie pour

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